Bejo est heureux de vous faire partager l'article extrait de notre magazine de l’oignon 2021 sur "La génétique, un levier pour la transition agro-écologique CARREFOUR".

Pour Carrefour, l’agro-écologie sera le standard de demain. Avec cette transition, l’enseigne se préoccupe avant tout de ce qui pourrait venir atténuer les effets de très mauvaises années de récolte. Chez Bejo, on sait déjà comment on va accompagner l’agriculture française de 2030. Bejo a plusieurs scénarii pour anticiper celle de 2050.

La génétique, un levier pour la transition agro-écologique CARREFOUR

L'Agro-écologie, la « 3ème voie » de l'enseigne Carrefour

Sourceuse chez Carrefour, Jeanne Schutz assure l’interface entre la production et les centrales d’achat sur les questions prioritaires du goût, de l’agro-écologie, des emballages. Les avancées se traduisent progressivement au rayon fruits et légumes sous la marque de distributeur Filière Qualité Carrefour (FQC).


À la différence du reste de l’approvisionnement, issu de négociations classiques, les fruits et légumes sous marque de distributeur (MDD) de l’enseigne reposent sur des partenariats dans la durée. On retrouve sous sa marque Reflets de France des variétés historiques issues des territoires comme l’oignon des Cévennes, l’ail de Lautrec, l’ail violet de Cadours... L’autre marque, Filière Qualité Carrefour (FQC) est en perpétuelle évolution sur ses axes stratégiques du goût, de l’agro-écologie de la santé et de la traçabilité. Elle sert de laboratoire à l’enseigne : l’introduction des fruits et légumes se fait peu à peu à travers l’élaboration de cahiers des charges spécifiques qui concerneront l’ail, l’oignon et l’échalote d’ici 2022.

Meilleurs et accessibles

L’objectif de la FQC ? « Nous cherchons une 3ème voie entre le conventionnel et le bio, explique Jeanne Schultz, car nous souhaitons préserver les systèmes naturels tout en gardant de bons rendements. Nos cahiers des charges par filière ont pour piliers communs : le goût, numéro 1 dans les sondages consommateurs, la santé avec un axe phytosanitaire, et l’agro-écologie qui englobe la gestion des sols, la gestion de l’eau, la biodiversité et l’axe santé évoqué précédemment. Nous comptons bien sûr sur l’évolution variétale pour rester sur un cœur de marché avec des produits FQC qui soient meilleurs mais accessibles. Cela se traduit par de grandes attentes en termes de goût, de résistance aux maladies et à la chaleur, de capacité de conservation, plus difficile avec un produit non-traité ».

Du « sur-mesure »

Sont progressivement entrés dans la filière, le poireau, la carotte, les courges, la fraise, les kiwis, la pomme de terre... Chaque filière a son responsable. Une fois le cahier des charges FQC élaboré, Carrefour signe avec les producteurs un partenariat sur une durée de 3 ans, qui assure la traçabilité jusqu’à la parcelle. Le cahier des charges s’applique à la production, à la station de conditionnement, et au produit fini. Pas d’idée globale avec l’agro-écologie, plutôt une progression sur-mesure selon le produit. Pour certains les insecticides sont supprimés, pour d’autres les herbicides. En pomme de terre, les pesticides de synthèse sont proscrits dès la levée.

Rester à l 'écoute

« Nous savons qu’il y a beaucoup d’aléas dans la culture des fruits et légumes. Nous échangeons en permanence avec le terrain, restons à l’écoute, et assurons des bilans de campagne techniques et commerciaux. Chaque lundi, je restitue en interne les infos de l’amont. Par exemple, si besoin, un changement de calibre. Les responsables de centrales passent ensuite directement leurs commandes ».

Transparence

En agro-écologie, la sourceuse suit un cap : « nous prévoyons que 100% des filières soient concernées en 2022 en bénéficiant chacune au moins d’un producteur pilote. En 2025, 100% des fournisseurs devraient être engagés contre 65% aujourd’hui, en incluant ceux de notre MDD Reflets de France, ne serait-ce que pour une partie de leur récolte ».

À l’autre bout, les consommateurs demandent de la transparence : « il faut communiquer sans cesse, explique Jeanne Schutz. Avec nos allégations FQC, nous cherchons à clarifier le message en mettant en avant une valeur sûre. C’est plus facile quand 100% de l’offre est concernée. Outre la PLV avec les producteurs et la presse, nous sommes sur les réseaux sociaux, notamment avec le chef Jean Imbert qui va cuisiner chez des producteurs ».

Bientôt le standard ?

Pour Carrefour, l’agro-écologie sera le standard de demain. Cela entrainera t-il des prix plus abordables en rayon ? « Le coût de la production en agro-écologie devrait baisser, ne serait-ce que parce que les investissements s’amortissent dans le temps. Même s’il y a une différence entre des cultures sans insecticides qui se contentent de bandes fleuries, et des cultures sans herbicides exigeantes en matériel ». Par ailleurs, l’enseigne se préoccupe de ce qui pourrait venir atténuer les effets de très mauvaises années de récolte.

En attendant que les allium, à leur tour, entrent en FQC, l’enseigne propose les condiments de fournisseurs engagés dans la démarche ZRP (zéro résidu de pesticides).

Utiliser le mieux possible la génétique

Si Yannick Chevray, responsable marketing de Bejo France, se réjouit de la valorisation des produits issus de la transition agro-écologique, il met en garde contre certaines idées reçues.


Jusqu’où le semencier peut-il anticiper les besoins des plantes, les maladies et les aléas de la production ?

Nous sommes souvent confrontés à deux fausses croyances. La première consiste à dire que la génétique peut tout, sans l’associer à la mise en place de nouvelles méthodes de culture, ni à aucun protocole technique particulier. La seconde prétend que la génétique n’est pas nécessaire, que l’avenir repose exclusivement sur l’appropriation des nouvelles méthodes alternatives (utilisation de biostimulants et autres).

La génétique ne serait pas puissante ?

Le cocktail favorable est un mix des deux. Il faut admettre une fois pour toute que l’immunité n’existe pas. Rappelons qu’on distingue les variétés sensibles, les variétés intermédiaires, et les variétés hautement résistantes. Selon la période de l’année, les conditions varient. Il faut s’assurer que la génétique apportée soit utilisée le mieux possible. C’est pourquoi nous éditons notamment un guide de bonnes pratiques de la résistance au mildiou. Nous avons constaté que certains utilisent des variétés sensibles et des variétés résistantes dans une même parcelle. C’est oublier que les variétés sensibles deviennent des hôtes. Du fait de la proximité, la nature pourrait apprendre à contourner la résistance qu’on a réussi à introduire. L’objectif de Bejo et des producteurs est qu’elle perdure !

Les super semences que la distribution appelle de ses vœux seront-elles plus abordables quand tous y auront recours ?

Nous travaillons à la création de valeur pour qu’elle inonde l’ensemble de la filière. Il s’agit aussi bien de valeur économique qu’agro-écologique. Avec la résistance au mildiou, il y a un confort d’utilisation pour le producteur, qui diminue l’application de phytos, un impact positif sur sa santé et l’environnement, et un confort au niveau de l’anticipation culturale. Mais attention à ne pas trop augmenter les surfaces ! Si 80% de la production nationale s’appuie sur les mêmes gènes de résistance dans le futur, que se passera t-il si la nature parvient à les contourner ? Quand on travaille sur le vivant, on a intérêt à avoir une base très large de souches de résistances, à multiplier les lignées parentales...

Pouvez-vous nous redonner le nom des variétés hautement résistantes au mildiou ?

En oignon de type Rijnsburger, Hylander. En oignon de type américain, Restora, Powell, Yankee et, en oignon rouge, Redlander. Pour les bulbilles, Boga. Toutes sont également disponibles en bio. En échalote graine, nous avons aussi lancé Innovator. Nous aurons été les premiers à proposer un oignon jaune et un oignon rouge hautement résistants.

La semence peut être «aidée»...

Nous intervenons sur tous les vecteurs possibles. L’intégration du gène de résistance dans le matériel est essentielle, mais nous travaillons aussi à l’incorporation de biostimulants dans la semence. Ainsi la carotte B-Mox de Bejo bénéficie d’un processus d’amélioration qui donne une résistance plus forte au moment de la germination et de la levée. Nous cherchons à adapter ce procédé aux allium.

La démocratisation de l’agro-écologie va t-elle aboutir à une baisse du prix pour le consommateur ?

Notre objectif est de créer de la valeur à tous les niveaux de la filière. Comparé au conventionnel, l’agro-écologie engendre des coûts pour la production. Ils doivent être incorporés dans le prix payé par le consommateur qui a des attentes supplémentaires. C’est d’abord en maintenant le niveau de production en France que les produits et le savoir-faire innovants pourront émerger. Chez Bejo, on sait déjà comment on va accompagner l’agriculture française de 2030; on a plusieurs scénarii pour anticiper celle de 2050.

L’exploration de la nature ne s’arrête jamais.