Heleen Bukman est spécialiste en maladies des végétaux chez Bejo. Elle définit les bactéries qui peuvent être pathogènes dans la culture et la conservation des oignons comme des « organismes unicellulaires essentiellement bénins ». « En temps normal, elles forment une barrière contre la pénétration, tout comme les bactéries que les hommes ont sur la peau. De nombreuses questions subsistent quant aux facteurs qui rendent une bactérie pathogène. En effet, cette bactérie bénigne peut se retourner contre l’oignon dans certaines circonstances. Elle contribuera alors à la détérioration de l’oignon lorsque la pourriture apparaît. Nous ne savons pas précisément pourquoi la bactérie « décide » de se comporter ainsi. »

Conseils pour prévenir les maladies bactériennes

Eviter que les maladies deviennent pathogènes

Heleen Bukman explique qu’il est possible de ralentir une bactérie, mais pas d’inverser le processus d’une maladie bactérienne. Durant la culture, il s’avère donc judicieux d’éviter que les bactéries n’adoptent un comportement pathogène. « L’idéal est de tout mettre en œuvre pour garantir une saison de croissance stable, en évitant toute dégradation mécanique et humidité prolongée dans les cultures. Une saison de croissance sans pics ni creux est optimale. Pour cela, vous devez doser précisément les nutriments et tenir compte de ce qui se libère naturellement dans le sol.

Une croissance rapide crée une paroi cellulaire plus faible et donc une dégradation plus précoce. Les fanes longues renferment un microclimat plus humide, au risque de se casser plus facilement. »

Savoir observer et écouter les cultures et faire preuve de bon sens

Heleen Bukman reconnaît que son conseil peut paraître simple, mais en réalité, il demande une grande expertise de la part des producteurs. « Il n’existe pas de manuel de la saison parfaite. Le producteur doit s’occuper en permanence des cultures. C’est ainsi que vous gagnerez ou perdrez : observez bien et écoutez les cultures et faites preuve de bon sens. En cas de doute, il est bon de faire appel à un expert. Un conseil supplémentaire peut vous aider ou confirmer ce que vous pensiez. »

 

Heleen Bukman conclut en expliquant que les bactéries sont partout. Elles peuvent survivre sur de la matière organique même en l’absence d’oxygène. « Il est impossible de cultiver sans bactéries. Il est impossible de s’en débarrasser dans la nappe phréatique et il ne faut pas oublier que nous avons besoin aussi des bonnes bactéries. Veillez surtout à ce qu’elles ne se retournent pas contre vous. Les maladies bactériennes sont généralement étroitement liées à d’autres problèmes. Vous devez assurer une croissance stable des cultures et savoir ce qui se passe dans l’entrepôt. »